• Renouer avec l'électorat populaire. Cela fait des années que l'électorat ouvrier a déserté le PS. Jospin en a payé le prix, et c'est la droite nationale qui en bénéficie - en particulier le FN. En se bobo-isant, non seulement le PS défend des intérêts opposés à ceux de ces classes modestes, il apparaît aussi comme méprisant. L'insécurité touche d'abord ces populations souvent contraintes à vivre dans les quartiers, et dont les enfants subissent les insultes des voyous, et voient leur éducation ruinée par une "mixité" obligatoire à l'école qui nivelle par le caniveau.
  • Se positionner "au cas où". La violence est constamment "d'actualité" en France, mais à un niveau que l'on a malheureusement appris à "tolérer". Mais les émeutes des quartiers peuvent resurgir du jour au lendemain, on l'a vu à Montfermeil. Le moteur de ces émeutes est intact : la haine de la France, le mépris de la Loi, de la République et de ses représentants - et non pas un prétendu chômage qui ne touchait que marginalement les émeutiers de novembre, cela a été montré par des études. La France peut de nouveau brûler d'ici à la grande élection, mais Mme Royal ne veut pas se faire avoir comme Jospin.
  • Ringardiser ses concurrents. Certes le PS ne reprendra pas les quelques idées avancées par Ségolène, trop étrangères à son idéologie manichéenne et négationniste. Mais la France n'est pas dupe sur l'impérieuse nécessité de rétablir l'ordre. Et ce sont les opposants à Royal qui apparaissent du coup, non comme des humanistes, mais comme de pauvres ringards.

Bien sûr les propos de Ségolène Royal vont déranger pas mal de militants socialistes, mais Royal peut jouer "à la Sarko" : sûre de l'investiture de son parti, sauf imprévu significatif, elle peut faire avaler des couleuvres à son électorat.

Le manque de sincérité et de logique condamne d'emblée les propos "sécuritaires" de la dame, mais nous ne réjouissons pas trop vite, car le coup a porté dans les médias, toujours avides de petites phrases. Toutefois, à jouer au football dans le salon, on risque la casse.