Les violences n'ont jamais cessé à Montfermeil, malgré les tours de passe-passe statistiques du ministère de l'intérieur sur la définition des "violences urbaines". C'est pour endiguer cette explosion des violences en particulier contre les personnes que le maire avait pris en avril un arrêté limitant la liberté de déplacement des groupes de jeunes. Acte courageux qui avait entrainé de véritable actes de "terrorisme local" : agression contre les filles du maire et attaque du domicile familial. La suspension de l'arrêté municipal par la justice administrative n'a évidemment pas réglé le problème, jouant au contraire comme un encouragement tutélaire à la violence contre la loi et la personne du maire (*).

Le retour à la normale a été observé à 02H30, après que des incidents ont éclaté vers 22H30 dans le quartier des Bosquets suite à l'interpellation d'un jeune lundi après-midi, selon la police. Selon l'entourage du maire Xavier Lemoine (UMP), ce jeune serait l'auteur présumé de l'agression d'un chauffeur de bus, il y a quinze jours, à Montfermeil, dont le maire avait été témoin. Le récit du maire, qui s'était interposé, avait permis l'identification de l'agresseur présumé. Son interpellation aurait mal tourné lundi après-midi.

Les affrontements ont démarré devant le domicile du maire, à une cinquantaine de mètres de la cité des Bosquets. Des jeunes ont commencé à secouer la grille d'entrée et à caillasser la maison où se trouvait l'épouse de Xavier Lemoine et ses enfants, tandis que le maire était à l'Hôtel de ville.

Les violences à Montfermeil sont devenues un feuilleton récurrent, tocsin lointain qui devrait inquiéter jusqu'aux plus autistes ... C'est un révélateur, un de ces "signaux faibles" par lesquels les tendances profondes de la société se manifestent aux plus attentifs.

Révélateur d'une part d'une violence devenue systémique, et contre laquelle les maires ne disposent pas de leviers efficaces, malgré l'indéniable courage dont fait preuve Mr.Lemoine.

Révélateur d'autre part celui de la réalité du phénomène de "racaille", qui n'a rien à voir avec un prétendu chômage - comme des études récentes le montrent, ou une soit-disant discrimination raciale, mais qui concerne au contraire le bien commun le plus basique : la civilisation, manifestée par le respect d'une autorité considérée comme légitime. Ces hordes de jeunes émeutiers rejettent les fondements de l'Etat de Droit, et se vivent comme non-citoyens (**). Un phénomène inédit qui appelle des réponses inédites.

(*) un point intéressant pour les juristes : quand les tribunaux sapent l'autorité de la Loi et de ses représentants, au nom de la Loi

(**) Comme quoi on peut être "divers" et non "citoyen". Un véritable challenge pour la phraséologie progressiste des journalistes ...