Le boycott - qui contrevient aux règles de l'OMC, et de l'UE que la Turquie prétend rejoindre - est une arme fréquemment utilisée par Ankara. La Suisse en a fait les frais il y a quelques années, la France également, mais aussi les Etats-Unis - on se rappelle du ridicule épisode des bananes "Dole", boycottées par erreur par les ménagères négationnistes en raison des prises de position du candidat américain à la présidentielle Bod Dole. Des entreprises isolées font parfois les frais de ces attaques, comme l'assureur Axa.

La pomme de la discorde est toujours la même : la Turquie refuse de reconnaître le génocide arménien, sans même parler des pogroms anti-chrétiens qui ont fait des dizaines de milliers de victimes au début du XX ème siècle. Récemment la crise des caricatures a révélé un nouveau pan de cet ultra-nationalisme, puisque certains politiciens turcs ont lancé des appels à boycotter les produits danois et norvégiens.

L'affaire est d'autant plus choquante que ce sont les autorités turques elles-mêmes qui tirent les ficelles :

Le week-end dernier, Mehmet Dulger, le président de la commission des affaires étrangères au Parlement turc, a annoncé qu'un boycott des produits français était envisageable, de même que la mise à l'écart de la France dans les procédures d'appels d'offres.

Du point de vue turc, l'affaire est compréhensible : l'Europe n'arrête pas de céder devant les exigences des chemises brunes à turbans, désignant Istanbul capitale européenne de la culture, distribuant de l'argent aux envahisseurs turcs de Chypre, etc. Pourquoi se priver lorsque la partie d'en face est si faible ? Certes la position de la Turquie révèle son arriération mentale et son mépris de l'Europe dont elle n'attend que le fric, mais ne sommes-nous pas les principaux responsables, nous qui laissons la Turquie nous insulter ? Commençons par ne pas voter pour les politiciens qui parlent contre la Turquie, mais qui votent pour au conseil des ministres.

Enfin, la Turquie ne devrait pas oublier que sa position économique n'est pas incontournable. En tant que pays de transformation, la "Négationniste Porte" est menacée par la Chine, et Renault peut tout à fait oublier d'investir dans ses usines turques pour favoriser l'Europe centrale.

Je paye un cierge à Notre Dame à l'aimable lecteur qui nous signalera une liste de produits turcs à éviter.