Un million d'européens razziés par les barbaresques musulmans de 1530 à 1780.
Par le conservateur, samedi 6 mai 2006 à 23:41 :: Sujets de Société :: #401 :: rss
Alors que l'on s'apprête à commémorer l'abolition de l'esclavage le 10 mai - date que certains voudraient inscrire de force dans le calendrier comme pour en faire porter la faute aux français d'aujourd'hui, une réalité historique trop souvent ignorée ressort de l'oubli : la traite des blancs et des chrétiens au profit des pays musulmans, dits barbaresques, du nord de la méditerranée.
La traduction française du travail fondamental de l'américain Robert C.Davis, "Esclaves chrétiens, maîtres musulmans : L'esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800)" est enfin parue. Ses conclusions sont effrayantes, et rendent le mensonge plus insupportable encore : selon ses recherches, près d'un million de chrétiens d'Europe du Sud, et en particulier d'Italie, auraient été capturés et jetés dans l'esclavage de 1530 à 1780.
Contre Fernand Braudel, qui en avait minimisé l’ampleur, tout ce travail conduit l’auteur à une nouvelle pesée du phénomène. Estimant à environ 15 % le taux de mortalité des esclaves déjà plus ou moins acclimatés à leur nouvelle condition, il évalue entre un million et 1250000 le nombre d’esclaves blancs détenus, entre 1530 et 1780, sur un territoire s’étendant de l’Algérie à la Libye actuelles. Au XVIe siècle, il y avait donc annuellement plus d’esclaves blancs razziés que d’Africains déportés aux Amériques.
Olivier Pétré-Grenouilleau, historien français renommé et spécialiste de l'esclavage en résume le propos sur ce blog.
A ce sujet, cet historien français reconnu, récompensé par le prix du Sénat du livre d'histoire, a fait l'objet d'attaques judiciaires et médiatiques d'une rare violence de la part de collectifs prétendument représentatifs des noirs et des descendants d'esclaves de France et des DOM-TOM, accusé de racisme ou de révisionnisme. Sa faute ? Travailler en historien et évaluer les données disponibles sans agenda politique ... Le site Clionautes.org évoque cette affaire et conclut ainsi :
Cependant, un très large consensus s’établit dans la communauté historienne autour de la nécessité de soutenir Olivier Pétré-Grenouilleau, professeur reconnu en France et à l’étranger (voir la liste de ses travaux sur le site de l’Université de Bretagne Sud : http://www.univ-ubs.fr/solito/labora/equipe/petre.htm). Le débat scientifique est nécessaire mais les historiens rejettent les invectives et l’inquiétant et absurde procès fait à la recherche historique.
(via le blog-notes de Touchdown)
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