Orangerie : Service minimum pour les vestiges du bastion d'Henri III
Par le conservateur, mercredi 3 mai 2006 à 23:54 :: Arts & Culture :: #390 :: rss
L'affaire a intéressé tous les parisiens amoureux de leur patrimoine si malmené par les siècles (*). Les travaux de réaménagement de l'Orangerie des Tuileries avaient permis la redécouverte de vestiges du bastion construits à partir de Charles IX pour défendre les faubourgs de Paris et les nouveau château des Tuileries puis repris plusieurs fois jusqu'à sa destruction partielle sous Louis XIII. En pratique, un beau mur à valeur historique. L'affaire avait ému, parce qu'elle entrainaît le blocage des travaux de réaménagement de l'Orangerie, et donc tout plaidait pour une décision à l'emporte pièce de l'autorité politique, en l'occurence le ministre de la culture, Mr Aillagon, le nouveau roi de la lagune.
Le chantier de rénovation du musée national de l'Orangerie est bloqué, depuis qu'au mois d'août, des ouvriers en creusant une extension du Musée ont retrouvé les premières pierres du mur d'enceinte de Charles IX. Ce vestige du XVIè siècle a été complètement gommé des dossiers de demande de permis de construire délivrés par le Préfet de Paris le 22 octobre 2001. (le Parisien, 27 nov. 2003)
Une décision fut prise après consultation d'une "commission d'experts", celle de conserver plus de 40 mètres du mur, en l'intégrant dans le projet de rénovation.
Mise à jour pendant les travaux de réaménagement du Musée de l'Orangerie, la muraille qui traversait le bâtiment sera conservée. D'abord attribuée à Charles IX puis à Henri III, il s'agirait de l'enceinte de Louis XIII, dite des Fossés Jaunes, achevée vers 1630-1636. Le Ministre de la Culture, Jean-jacques AILLAGON, a pris la décision de conserver et mettre en valeur deux importants tronçons du système fortifié, ce qui retardera la réouverture de l'Orangerie prévue en 2006 et augmentera le coût du chantier d'environ 3 millions d'euros, sur un total de plus de 25 millions d'euros. (Le Monde, 25-26 janvier 2004) (source SOS Paris)
En février 2005, il apparut pourtant que la parole du ministre n'était pas respectée, et que le ministère cherchait en douce à se débarasser de l'encombrant "tas de pierre"
Or, la presse s’est fait l’écho, depuis le 26 janvier dernier, d’informations inquiétantes, en partie confirmées par Monsieur le directeur de l’Architecture et du Patrimoine. Seulement 19 mètres linéaires du mur seraient conservés, et des doutes subsistent quant aux conditions dans lesquelles le démontage aurait été effectué. L’émotion des associations est d’autant plus compréhensible qu’aucune information ne leur a été adressée sur ces changements qui remettent en cause la parole d’un ministre. (source)
Alors que le musée de l'Orangerie ouvre ses portes dans quelques semaines, et que le résultat apparaît bien convaincant, le ministère ne veut même pas assumer son manque d'effort pour conserver cet élément anodin mais symbolique de notre histoire parisienne. Dans le reportage du 20h de TF1, le responsable des travaux explique qu' "on a trouvé ce mur historique, on l'a intégré dans la déambulation du visiteur, il a trouvé sa place"
On peut comparer les photos sur la vidéo de TF1 et celle proposée par ce document du ministère de culture, il n'y a pas photo. En comparant le projet initial (infographie du bas : source ministère de la culture) et le plan d'accès pour les visiteurs (infographie du haut), on voit clairement que le ministre a fait le choix d'un service minimum. Le mur a été carotté en haut, et en bas ... pour laisser place aux WC ... ca ne s'invente pas.

(*) : Paris plus belle ville du monde ? en 1300 certainement, en 1700 également, aujourd'hui mon oeil ! Qu'est devenue la ville aux cent abbayes ?
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