Nicolas Sarkozy "tacle" TF1 en "live"
Par le conservateur, jeudi 27 avril 2006 à 22:06 :: Politique Française :: #375 :: rss
Mais cela ne suffit pas à effacer les arguments de ses détracteurs sur son projet "d'immigration choisie"
Intervenant après un reportage présentant plusieurs familles d'immigrés clandestins diplômés, et disposant d'un emploi et d'un travail, Nicolas Sarkozy tacle littéralement la chaine en s'exclamant "j'admire beaucoup le reportage qui a été fait", "moi j'ai une autre vision". Façon de dire que le reportage n'est qu'une propagande éhontée et irréaliste de la part de TF1. Et pourquoi pas du bidon, rappelons nous de cette fausse interview de Castro par PPDA.
Sur le reste, Sarkozy a été égal a lui-même : assez bon comédien, prenant l'air tour à tour blessé, apitoyé, outré, et d'une façon générale assez agressif. De bonnes formules et de bons mots, le ministre de l'intérieur est assurément doué d'un verbe cinglant. Il aura ainsi balayé pas mal d'arguments fallacieux dont PPDA se faisait le messager. On notera qu'il puise dans le catalogue des arguments de la droite nationale, en particulier de ceux de Philippe de Villiers, lorsqu'il explique par exemple qu'il est immoral de vendre un paradis à des immigrés clandestins qui se retrouvent finalement en enfer. Mais comme il l'aura fait remarquer lui-même, ces idées de bon sens n'appartiennent finalement à personne, et les bons arguments doivent circuler.
Il aura également vertement dénoncé les réactions de vierges effarouchées d'un certain nombre de chrétiens - j'en ai parlé sur mon blog, en reprenant le même type d'arguments que moi (juste du bon sens) : la charité, ça n'est pas faire venir des gens pour les enfermer dans une pauvreté noire d'autant plus sensible que le pays parait riche, et dans un chômage chronique. "Cette générosité implique la responsabilité". D'autre part, Le ministre de l'intérieur retourne contre Mgr Berranger l'argument selon lequel parler d'immigration subie générerait la xénophobie rampante. Au contraire, Mr. Sakozy énonce l'évidence inverse : c'est l'immigration de masse qui entraine la xénophobie.
En revanche le discours du ministre de l'intérieur, si on le débarasse des bonnes formules apparemment séduisantes, ne tient pas la route. Ainsi lorsqu'il défend l'immigration parce que la "diversité est une chance" et que la "consanguinité est dangereuse", on croit rêver. Après plusieurs décennies d'immigration massive qui constituent un véritable "péril social" pour reprendre les mots du Sénat concernant l'immigration clandestine, et menacent la cohésion nationale, oser nous avancer le "danger de la consanguinité" est assez grotesque. "Les sociétés qui sont mortes sont mortes du "repliement" sur soi" : allez dire cela à Byzance, submergée après 500 ans d'attaque permanente par les colons turcs.
Trop souvent, les paroles de Nicolas Sarkozy paraissent en désaccord total avec ses actions politiques - qui seules comptent. Ainsi de son beau discours sur la nécessiter d'aimer la France pour s'intégrer, et l'exhortation à partir destinée à tous ceux qui ne respectent pas les lois de la République - on aurait presque la main sur le coeur ... mais comment croire celui qui a aboli la double peine lorsqu'il nous dit cela. Un petit bonus néanmoins pour avoir évoqué les caricatures danoises "qu'il faut accepter".
Finalement son projet "d'immigration choisie" n'est toujours pas convaincant :
- on nous fait croire qu'il s'agira de faire venir des "prix nobels" et les "meilleurs étudiants", alors que toutes les professions seront concernées, du maçon au serveur de café, en passant par l'ingénieur en informatique algérien - qui peut déjà venir tout à fait librement
- la détermination des quotas professionnels est dénoncée par de nombreux économistes qui expliquent preuve à l'appui, qu'il est impossible de prévoir, y compris à court terme, quels seront les compétences nécessaires et en quel "volume"
- l'idée de faire venir plus d'étudiants étrangers - en espérant les sédentariser, est dénoncée par la plupart des pays en développement qui y voient une nouvelle forme de déportation, celle des cerveaux
Commentaires
1. Le mardi 6 février 2007 à 18:22, par monsieurk
En tant que Belge habitant Bruxelles mais intéressé par le débat politique en France, j’aimerais féliciter monsieur Sarkozy pour son intervention.
J’avoue que si j’étais Français, il ne ferait pas partie de mes intentions de voter pour un candidat de droite au départ. Mais j’ai trouvé particulièrement honnêtes et claires ses réactions aux questions du public.
Un point précis m’a cependant choqué. Lorsque le débat a tourné autour de la question des discriminations et des droits des homosexuels en particulier, les intervenants se sont montrés très vindicatifs, comme si ils n’avaient en fait aucune envie d’entendre les réponses de Sarko aux questions qu’ils posaient. En tant qu’homosexuel moi-même, je comprends parfaitement où les intervenants voulaient en venir. Mais le fait qu’ils se soient montrés si agressifs à l’égard du candidat, qui pourtant voulait formuler une réponse claire et nuancée, cela m’a déçu. Je suis personnellement pour le mariage homo que nous connaissons ici en Belgique. Quant à l’adoption, elle ne concerne finalement que peu d’homosexuels, une minorité dans la minorité. Monsieur Sarkozy voulat dire je pense que son modèle de société ne lui permettait pa d’aller plus loin , et ma foi c’est bien normal qu’un homme de cette envergure politique doive se positionner de manière tranchée. Nicolas Sarkozy a pourtant bien fait état de sa conscience du problème et de sa complexité. Sous entendre qu’il défend un argumentaire homophobe est honteux.
Même chose lorsqu’on l’a questionné sur ces propos soi-disant raciste. Il suffit que ce type désigne une communauté qu’elle qu’ele soit dans son argumentaire pour que ladite communauté se sente stigmatisée. Sa position sur le respect de l’état dedroit républicain était claire et quant il prend comme exemple le fait de ne pas pouvoir abattre un mouton chez soi, c’est une image qui certes est forte, mais qui illustre un propos sans accuser quiconque. Ici à Bruxelles aussi certains musulmans respectent la loi, et d’autres pas, c’est envers ces derniers que Sarkozy proférait un halte là je présume.
Bref, je ne sais pas si je voterais pour lui si j’étais en droit de le faire, mais franchement c’était un homme simple, vrai et courageux que j’ai eu devant moi hier, pas l’arrogant petit superflic qu’on décrit toujours.
Bonne chance à tous
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