L'article le reconnait, c'est le Da Vinci Code qui pousse l'institution, forte de ses 86 000 "fidèles", à sortir du bois. Dans le blockbuster de Dan Brown, diffamatoire et blasphématoire comme veut bien le rappeler le Figaro, l'organisation est présentée sous un jour désastreux : une secte de dingues ne reculant devant rien pour asseoir son pouvoir et défendre le Vatican.

Dans son enquête, le magazine évoque (liens internet à l'appui) les critiques parfois virulentes d'anciens membres qui accusent l'organisation de manipulations, de harcèlement, de dirigisme - mais jamais de violence. Comme le souligne le journaliste, ce type d'accusations existe contre toute organisation religieuse et tient souvent à des conflits personnels. J'irais plus loin pour ma part : quelle organisation, par exemple une entreprise, ne connaît pas ce type d'attaques ? La nature humaine veut que certains recherchent l'appartenance à une communauté sans en accepter toutes les contraintes. Ceux-là nourriront éternellement le défilé des mécontents et des médisants.

Cependant l'article évoque le problème posé par le recrutement d'adolescents, dont l'enthousiasme facile serait incompatible avec un engagement à vie. En réalité on ne peut devenir membre qu'à la majorité, et la rupture n'est pas "punie", comme l'est l'apostasie dans certaines religions ... Si l'on est assez agé pour se marier, mourir à la guerre ou bloquer les rues contre le CPE, on devrait bien pouvoir s'engager à l'Oeuvre, aurais-je envie de répondre.

L'Opus Dei, toujours selon l'enquête du magazine, ne peut aucunement être comparée à une "Franc-Maçonnerie Blanche", car elle ne fonctionne pas comme un réseau d'entraide professionnel ou social "à la grande déception d'ailleurs de ceux qui tentent chaque année d'y entrer en croyant le contraire".

Selon le journaliste, la principale cause de l'acharnement dont souffre l'Opus Dei tiendrait tout simplement à son "droitisme". Sur le rôle joué dans la politique interne au Vatican, le dossier se contente d'évoquer que la Curie Romaine ne compte que 17 "opusiens" parmi ses 2659 membres.

Le secret, finalement, serait l'absence de secret : le mode de vie d'un membre, c'est "prier à longueur de journée et travailler comme une bête de somme, dans l'unique espoir de devenir saint".

Couronnement du dossier, un entretien avec Mgr Javier Echevarria, en intégralité sur le Net, et dont on pourra retenir ces quelques phrases fortes :

Le but de l'Opus Dei, comme celui de l'Eglise, n'est pas de grandir constamment, mais de prolonger la présence du Christ dans le monde, de servir les âmes, jusqu'à ce que Notre Seigneur revienne.

Une Eglise qui ne serait pas missionnaire serait un cadavre.

(A propos de la liberté d'engagement) : La réponse de chacun est libre, mais on ne peut répondre si aucune question n'a été posée

(A propos de l'évangélisation) : Pourquoi s'étonner de cela, à une époque où toutes les organisations humaines font un prosélytisme, d'ailleurs trop souvent excessif ou lassant.

la plénitude de l'engagement chrétien sans rien faire d'extraordinaire si ce n'est l'amour qui vous anime, jusque dans les choses les plus petites. C'est possible !

(A propos du Da Vinci Code) : L'ignorance est toujours un grand mal et l'information un bien.

"Le bonheur du ciel appartient à ceux qui savent être heureux sur terre." (Saint Josémaria Escriva)