Allumant l'étrange lucarne en fin de soirée, je trouve Eric Zemmour, toutes griffes dehors face à un plateau unanimement hostile. En bref - je n'ai pas encore lu son livre, l'écrivain et journaliste au Figaro analyse froidement la féminisation de la société et ses effets négatifs. Sa démonstration, finalement, est évidente. S'attaquant à la pensée unique féministe, il va jusqu'à énoncer, devant un Francis Huster plus hystérique et ridicule que jamais, que "l'homme a un autre rôle dans la famille que de changer les couches".

Mais ses piques les plus cinglantes sont d'un autre ordre, ainsi lorsqu'il avance que le vote du regroupement familial coincide avec la légalisation de l'avortement, manière de sous-entendre un projet politique. Sur l'avortement, sans être un pro-life, il constate l'évidence de l'effondrement démographique de l'Europe comme conséquence directe, une évidence qui ne semble encore pas être parvenue au cerveau de tous. Egalement intéressante, son idée que la campagne de nivellement des différences sexuelles, à laquelle la promotion des homos participe, découle d'un besoin du capitalisme de consommateurs indifférenciés : il faut donc supprimer tout facteur constituant un frein au marché de masse global - plus de patrie, plus de race, plus de religion, plus de différence sexuelle. Sans être anti-capitaliste, force est de constater la pertinence de ce propos, même si l'on ne peut parler du capitalisme comme d'une force agissant dans un sens unique et cohérent.

Le débat tourna rapidement à la dialectique marxiste classique "oppresseurs / opprimés". Francis Huster postulant que "les hommes sont d'horrible salauds", et Clémentine Autain, la charmante conseillère municipale apparentée communiste de Paris, qu'elle est aussi quelque part une "oppresseure" (!?) car ... blanche. Et Francis Huster de remettre une couche en dénonçant les "salauds de bourgeois", dont il tire pourtant tout son fric ...

Bref, un lynchage qui a tourné au ridicule, au détriment des assaillants. Car si les huées et les applaudissements du public soutenaient les agresseurs progressistes, le courageux écrivain aura tellement apporté d'éléments factuels, et soulevé tellement de questions dérangeantes que le trouble demeurait chez l'adversaire. Ce fut une édifiante démonstration de pensée unique et d'hostilité à toute opinion différente. Le trait d'Eric Zemmour est parfois très fort, trop peut être, et son propos trop dense pour un public affalé dans une fausse pensée progressiste molle depuis des décennies. On aurait cru voir l'écrivain en danger de lapidation lorsqu'il expliquait, sans perdre un instant son calme, que l'homme ne devait pas participer aux basses oeuvres du ménage car cela fait de lui un "enfant comme les autres" sous le joug d'une "mère toute puissante".