A l'origine du projet, le très catholique Tom Monaghan, n'est pas le premier venu. Cet ancien US marine est le fondateur de Domino's Pizza, une des chaines de livraison à domicile de pizzas les plus importantes du monde, dont il aurait revendu ses parts pour près d'un milliard de dollars en 1998. Au coeur de la nouvelle cité, l'université Ave Maria qui existe depuis 2003 au milieu des vignobles de Naples, une ville située à seulement 17 miles. Le campus déménagera tout entier vers la ville d'Ave Maria dès son ouverture.

Le projet de Tom Monaghan est en effet avant tout éducatif. C'est un orphelinat catholique qui recueilli le petit Tom à la mort de son père en 1941. Après un parcours chaotique qui le mena chez les U.S. Marines, où il s'inscrit pas erreur en pensant rejoindre l'Army, c'est une vie d'entrepreneur au succès fulgurant qui l'attendait. C'est une lecture, le livre "Mere Christianity" de C.S.Lewis - popularisé en France par le premier opus des Chroniques de Narnia adapté au cinéma par la firme Walt Disney, qui le ramena sur terre. Du jour au lendemain il renonca à son jet privé.

Le projet éducatif de Tom Monaghan, dont l'université à Naples à déjà reçu la visite de 3 cardinaux du monde entier, ne ménage pas l'enseignement universitaire catholique traditionnel :

"Catholic schools are failing, Monaghan announces; on key issues (religious observance, sexual behavior, opposition to abortion), graduates of Catholic colleges and universities are actually less orthodox than their co-religionists who attend secular institutions. The problem is especially bad at elite schools, which are academically rigorous but spiritually impoverished. Yet Monaghan brings good news as well. At Ave Maria, the university he’s building in southwest Florida, things will be different. In a few years, the median SAT score will be higher than that at any other Catholic institution; even better, the dorms will be single-sex, a quarter of the classes will be taught by "wholly orthodox" priests, and students will be urged to become priests and nuns." (source : the Boston Phoenix)

Cette analyse s'applique également à l'Europe. En ce qui nous concerne, l'analyse est autrement plus violente. Nicholas Healy, le président de l'université Ave Maria, explique tout simplement que l'occident athée n'a pas la capacité de s'opposer à l'islamisme.

Healy described the “virtual collapse of Europe” as “one of the most profound and unsettling developments of our new century.” He added: “If you consider the more telling signs, such as its plummeting birth rate, Europe does not even seem to believe in a future . . . children are a sign of hope and the fruit of obedience to God’s command to be fruitful and multiply.” ( source FoxNews Channel)

Le projet, qui n'a pu se concrétiser au Michigan faute d'autorisation d'implantation, s'annonce déjà comme un casse-tête juridique et promet de défrayer la chonique judiciaire. De nombreuses organisations progressistes, défenseur qui de la séparation églises - Etat, qui de l'avortement, qui du préservatif, annoncent d'ores et déjà leur volonté d'attaquer en justice tout ingérence de "principes religieux" dans la vie quotidienne de la cité. Parmi les opposants, des catholiques progressistes comme les Catholiques pour l'avortement et la contraception dont la présidente dénonce la volonté de vivre entre soi. Certes il s'agit d'un argument non dénué de pertinence, mais on se doute que sa critique porte sur tout autre chose ...

Les opposants semblent toutefois mettre la charrue avant les boeufs, car les communiqués de lancement du projet ne mettent pas en avant de conditions particulières à la vie dans cette communauté, et ne semblent pas annoncer de restrictions particulières. La ville est en effet une joint venture à 50% entre la fondation Ave Maria, à laquelle Tom Monaghan a fait un don de 250 millions de dollars, et la firme Barron Collier. Si exigence catholique il y a, elle serait surtout à chercher du côté de l'université.

Autour de l'université, des résidences et pavillons de qualité seront bâtis par la firme Barron Collier, un important promoteur local. La première tranche ouvrira dès 2007 pour l'accueil des étudiants. L'ensemble se situe dans le comté de Collier renommé pour ses plages et sa nature protégée. A terme, près de 11 000 appartements seront disponibles.